temoignage
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Pôle missionnaire de Melun » vous présente l’engagement de Françoise Desplanques, interrogée sur le vif à l’église de Moisenay et Pierre-Emmanuel CECCALDI, à l’occasion de son ordination diaconale

UNE GRANDE ESPÉRANCE

Françoise, vous venez d’animer une cérémonie funèbre à l’église. Étonnante activité pour une mère de famille. Qu’est-ce qui vous a conduit jusque là ?

J’étais institutrice et j’ai eu ma retraite très tôt, à cinquante cinq ans. Déjà depuis quelques temps j’animais les chants à la messe. Un jour, l’ancienne responsable des funérailles dans la paroisse m’a demandé si je voulais lui succéder. Cela m’a effrayée, parce que je n’avais pas vraiment de compétences en ce sens, mais bon… je me souviens que j’en ai parlé au père Jean Mazarette et il m’a dit « Vous croyez que j’en avais, moi, des compétences ? Ça viendra tout en faisant ! » Effectivement c’est venu. J’ai pris cela très au sérieux comme ce que je fais d’habitude. Grâce au livret Prions en Eglise que maintenant je lis régulièrement, j’ai pu m’appuyer sur du solide. (Parce que, après ma profession de foi, j’avais continué à aller à la messe, mais sans approfondir vraiment les textes !)

C’est ma deuxième question : vous êtes chrétienne depuis votre enfance : quelles ont été les grandes étapes de votre parcours ?

Je me souviens que quand j’étais petite c’était quelque chose de très important pour moi, c’était sacré ! J’ai eu un enseignement par Monsieur le Doyen, et puis par des sœurs, je me souviens… Ils m’ont transmis cette foi, et Dieu m’a donné la foi. Quand je me suis mariée, vivre mon engagement dans la foi a été très important. Et puis, après, je l’ai quelque peu délaissée en me disant ‘bon, on verra ça plus tard…’

Aujourd’hui, j’y suis revenue, certainement parce que Dieu m’a appelée. C’était plus fort que moi. Voilà.

Si on faisait le point aujourd’hui dans votre vie chrétienne, qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur ? Quels sont les enjeux qui vous donnent envie de vous battre ?

Me battre, c’est pas tellement mon caractère, je suis plutôt un peu secrète. Je regrette que les églises soient moins fréquentées, mais j’ai l’impression de ne pas y pouvoir grand-chose… Ce qui me tient le plus à cœur, ce sont les obsèques : par ce que c’est l’ultime de la vie terrestre. En général, c’est un moment douloureux pour les familles. elles sont touchées par notre démarche toute bénévole et on peut leur montrer le visage humain, fraternel et aimant de l’Eglise. J’ai une grande espérance, et au travers des obsèques, j’espère la transmettre aux gens. De cette façon, je fais ce que je peux

Qu’est ce qui vous soutient principalement dans votre vie chrétienne, dans votre vie spirituelle ?

C’est d’essayer de faire vivre les paroisses de nos villages avec tous les autres responsables. Le P. Bruno nous a beaucoup soutenus et nous a mis en chemin dans un nouveau dynamisme, et on espère continuer ! Et puis, dans ma vie familiale, il y a eu l’arrivée d’un petit-fils qui n’était pas du tout attendu et je trouve cela.. miraculeux !

Qu’est que vous diriez à des amis, des voisins qui ne connaîtraient pas le Seigneur ?

Que c’est une grande richesse de connaître le Seigneur !

Avec cette espérance, on vit notre vie terrestre de façon beaucoup plus belle, plus positive, plus joyeuse. C’est malheureux de ne pas pouvoir faire cette expérience. Les gens qui ne croient pas, cela me rend un peu triste parce qu’ils se privent d’un grand bonheur.

Merci mon Dieu !

Françoise Desplanques


Rencontre avec Pierre-Emmanuel CECCALDI, à l’occasion de son ordination diaconale

Pierre-Emmanuel, il y a quelques années, tu as été appelé à cheminer en vue du diaconat permanent. Peux-tu nous dire comment s’est fait cet appel et quelle a été ta réaction ?

L’appel s’est fait après avis du curé du Mée, le Père Maurice Delfourd. Le vicaire général, Jean Thuret, est venu à la maison pour nous demander, à Christine et moi, si nous voulions bien réfléchir à une éventuelle démarche de ma part en vue du diaconat permanent. Ma réaction a d’abord été une réaction de surprise. Surprise amplifiée par le fait que je connaissais peu le diaconat permanent, les diacres permanents étant à l’époque rares sur notre secteur.

Comment Christine, ton épouse, a-t-elle accueilli la proposition qui t’a été faite ?

Avec surprise également. Elle se demandait si le moment était opportun dans notre vie. D’un commun accord, nous avons décidé de prendre le temps qu’il fallait pour y réfléchir avant d’entamer toute démarche. Après réflexion et commun accord, nous avons entrepris, quelque temps après, l’année de discernement.

Qu’est ce qui a été marquant au cours de ces années de cheminement et qu’est-ce qui a changé en toi et dans votre couple ?

Question difficile car, pour être honnête, cela n’a rien changé en moi. De par notre engagement dans la communauté de l’Emmanuel et notre engagement dans notre paroisse, nous avions déjà découvert la prière, le partage de la Parole de Dieu… Nous avons continué, mais dans un autre cadre, avec d’autres personnes du diocèse et des diocèses voisins.

Le moment venu, vous avez fait part à vos enfants de cette démarche. Vous étiez sans doute un peu inquiets de leur réaction…

Non, pas du tout. On nous avait conseillé éventuellement de ne pas le dire aux enfants, de le dire seulement à la fin. Nous avons rapidement fait part de notre démarche aux enfants. On leur a bien expliqué en quoi cela consistait. Ils ont accepté naturellement, comme tous les engagements que nous avions pu prendre dans l’Eglise au travers de la Communauté de l’Emmanuel ou dans d’autres missions. Les enfants étaient jeunes à l’époque.
Cela tient aussi au fait que nos enfants sont fiers de leur foi, et la vivent très bien.

Un des signes du Royaume est l’annonce de la Bonne Nouvelle aux pauvres. Comment résonne en toi ce verset de l’évangile ?

J’y vois la promesse de l’annonce de la Bonne Nouvelle aux plus démunis matériellement comme spirituellement. En même temps, cette parole nous engage comme  de véritables « Coopérateurs du Christ » selon les paroles de Saint Paul (2Co 6,1). C’est à la fois une bonne nouvelle mais aussi une exigence de la mission que le Seigneur nous demande.

Y a t-il des pauvretés dont tu te sens proche ou dont tu vois l’urgence qu’elles soient mieux prises en compte par l’Eglise ?

Oui, l’absence d’espérance. Quand il n’y a personne pour témoigner de l’espérance. Beaucoup  de nos frères sont uniquement dans le matériel qui ne peut pas procurer d’espérance, qui ne peut que décevoir. Il est de notre mission, en tant que baptisés, de proposer une autre voie.

Quelles sont les formes de violence ou d’injustice auxquelles tu es le plus sensible ?

Il y en a plein ! Je suis très sensible aux enfants dont le parcours est brisé dès le plus jeune âge. Essayons de témoigner aux jeunes que le Seigneur aime personnellement chacun d’entre eux. Je ne connais pas de recette-type, mais essayons tout ce que peut nous suggérer l’Esprit Saint : attention portée à chacun, encouragements, prière personnelle pour chacun.

Le diaconat comporte aussi la charge de la prière de l’Eglise, aux différentes heures du jour. Qu’est-ce que cela représente pour toi ?

C’est un rendez-vous régulier avec le Seigneur que j’ai notamment la chance de pouvoir effectuer dans les nombreux transports en commun, et qui irradie sur la vie quotidienne. Je ressens comme une mission de prier pour le monde, même les jours ou je me sens particulièrement inefficace et inutile.

Comment ton entourage professionnel  a t-il accueilli l’annonce de ton ordination diaconale ?

Que ce soit au travail ou au club de rugby, les personnes auxquelles je l’ai annoncé ont été honorées que l’Eglise m’ordonne comme diacre permanent, qu’elles partagent ou non la foi chrétienne et cela a suscité plein de questions et interrogations qui sont prometteuses.

Peux-tu nous confier un verset qui a pris corps en toi ?

En fait de prendre corps en moi, je pense aux premiers versets de l’Evangile selon Saint Jean, le Prologue. C’est un des passages de la Bible qui m’a toujours le plus marqué. Mais j’ai découvert la richesse de l’Incarnation il y a une dizaine d’années seulement.

Il y a aussi un autre passage de l’Evangile. Il invite à faire confiance à la providence. « Observez comment poussent les lys des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.  Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. » (Mt 6,28-29).
Ce verset a pris beaucoup d’importance il y a quelques années. Nous nous étions mariés alors que nous étions encore étudiants et je m’inquiétais beaucoup car nous avions de tous petits moyens. Ce verset a toujours été présent pour montrer que le Seigneur nous accompagnait.

Et pour finir, quelles questions aurais-tu aimé que je te pose ?

J’aurais aimé que tu me poses la question suivante : Quelle question te pose le Seigneur ?
Et je t’aurais répondu : La question qu’il me pose est la suivante : Es-tu le gardien de ton frère ? (Cf Gn 4,9)

Propos recueillis par Olivier Dupont