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DES CHRÉTIENS DEPUIS SI LONGTEMPS

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L'ABBAYE DU LYS

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Il y a plus de 750 ans, en juin 1244, un certain Guérin Lysenet vendait à la reine Blanche de Castille, pour 50 livres, une vigne située en bordure du ru de Dammarie. Sur cette terre, la mère du roi de France Louis IX, saint Louis, projetait de construire l’abbaye du Lys. Quatre ans plus tard, en 1248, c’était chose faite : les premières religieuses de l’ordre de Cîteaux, créé par saint Bernard, s’installaient dans leurs murs.

Si l’idée de la création doit bien être attribuée à Blanche de Castille (elle créa d’ailleurs d’autres abbayes, dont celle de Maubuisson, près de Pontoise), on doit aussi y associer son fils, le roi saint Louis, qui signa l’acte de fondation, en juin 1248, et qui fournit les ressources nécessaires à la vie du couvent.

Proche de Melun, résidence préférée de Blanche de Castille et grand port fluvial sur la seine, au débouché des terres à blé de la Brie, bordé par la forêt de Bière, arrosé par un ruisseau, le site choisi était idéal pour abriter des religieuses cisterciennes, désirant vivre en se consacrant à la prière.

Il fallut quatre ans pour constituer le domaine de l’abbaye (prés, jardins, vignes, bois) et construire les premiers bâtiments (dortoir, réfectoire, cellier, premiers murs de l’église). Le nouveau couvent s’appellera Sainte-Marie et sera placé sous la protection du roi et de ses successeurs. En 1248 donc, l’abbaye du Lys est une réalité. Elle vivra parfois brillamment, parfois dans la difficulté, jusqu’à ce que les dernières religieuses quittent les lieux lors de la révolution, au début de 1792.

Le parc de l’abbaye en entoure aujourd’hui les vestiges : le choeur, le transept et les chapelles au nord et au sud du choeur subsistent ; de la nef et des bas-côtés, il ne reste plus rien.

[Armande Gronier-Prieur, L’Abbaye Notre-Dame du Lys à Dammarie-lès-Lys, Amis des monuments et des sites de Seine-et-Marne, 1971]

LA CASSETTE DE SAINT LOUIS (AU LOUVRE)

cassette-saint-louisLa « cassette de saint Louis » fut découverte en 1853 dans l’église de Dammarie-lès-Lys. Il s’agit d’un coffret en bois, habillé d’étain, orné de cabochons en cristal et de Longtemps, les érudits ont daté cet objet de la fin du XIIIe siècle et y ont vu un des coffrets dans lesquels Philippe le Bel avait fait placer certaines reliques de saint Louis après sa canonisation en 1297.

Mais cette datation ne s’accorde pas avec celle des armoiries. Un héraldiste contemporain, Hervé Pinoteau, a donc repris l’ensemble du dossier et avancé une date plus ancienne : 1236. Pour ce faire, il a identifié chacun des quarante-six écus armoriés subsistants ; puis il a établi une date résultante à partir des dates de décès, de mariage, d’adoubement et de début de règne, de charge, de titre ou de fonction de chacun des personnages. Tous sont des parents ou des familiers de saint Louis. La fourchette la plus serrée ainsi obtenue daterait cet ensemble d’armoiries de l’été 1236. Preuve exemplaire de l’aide que l’héraldique peut apporter en matière de datation et d’attribution !

[Michel Pastoureau, Figures de l’héraldique
Découvertes Gallimard, Paris, 1996

LE CENTRE HOSPITALIER ET SON HISTOIRE

L’hôpital de Melun a construit ses fondation sur l’ancien couvent des Récollets. Récollets : Religieux réformés de l’ordre de Saint-François, ainsi nommés parce qu’ils n’admettaient dans leur ordre que ceux qui avaient l’esprit de récollection ou de recueillement.
Le roi (Louis XIII) donne l’autorisation de construire le couvent des Récollets en 1616. La foudre provoque un incendie qui détruit le couvent en 1760. L’église fut reconstruite puis bénite en 1763.
En 1793, les bâtiments accueillent les malades des hôtels-Dieu Saint-Jacques et Saint-Nicolas qui sont supprimés. Les filles de la Charité s’y installèrent en 1798. L’ancien couvent des Récollets est transformé en hospice, puis en hôpital mixte jusqu’en 1940, date à partir de laquelle seule sa fonction d’hospice perdure.
En 1980, il est fermé pour raison de sécurité. Dans la seconde moitié du 20e siècle, le centre hospitalier s’est entièrement modernisé, avec notamment la création du centre psychiatrique en 1967 et en 1975 l’inauguration du nouvel hôpital par Simone Weil, alors ministre de la Santé.
Les parties héritées du couvent des Récollets n’ont plus, à l’heure actuelle, de fonction hospitalière. La chapelle du 18e siècle, réaménagée au 19e siècle, est toujours dévolue au culte.