Assemblée plénière des évêques de France

Assemblée plénière des évêques de France du 2 au 8 novembre 2021

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait » (Mt 25, 40.45).

Merci de votre prière.
Pendant l’assemblée plénière des évêques de France à Lourdes, nous avons été soutenus par les nombreuses prières du peuple chrétien. Personnellement, je n’avais jamais reçu tant de messages, sur mon portable et par courriel, m’assurant de la prière des fidèles de Seine-et-Marne (communautés monastiques, fidèles laïcs, diacres, prêtres). Je tiens à vous remercier sincèrement pour ce soutien.

Pendant notre assemblée, nous avons senti avec force l’action de Dieu. Nos échanges ont été forts et sincères face à l’horreur des abus sexuels dans l’Eglise pendant tant de décennies. Ensemble, nous avons dit notre profonde tristesse, notre horreur et notre détermination, selon des expressions diverses qui témoignaient de nos caractères et de nos personnalités. Nous avons vécu de beaux moments de collégialité épiscopale où nous avons senti la douce pression de l’Esprit Saint pour avancer.

Nous nous sommes donnés un premier objectif : reconnaître notre responsabilité et celle de l’institution face à ce qui s’est passé et permettre une réparation envers les personnes victimes lorsque c’est possible. Nous aurons à trouver des modalités efficaces pour y arriver.
Nous avons été soutenus par des victimes qui étaient présentes dès le premier jour. Leur apport, leur réflexion, leur proximité ont été un appui précieux pour avancer avec détermination. Avec les victimes, nous avons pu vivre un moment mémoriel et de pénitence sur l’esplanade du sanctuaire. Nous leur sommes très reconnaissants de leur présence.

Nous avons également été aidés par 200 laïcs, hommes, femmes et jeunes, venus de nos diocèses pour réfléchir à ce que nous devons décider afin que tout soit fait pour que l’Eglise soit une maison sûre pour les mineurs. Nous avons été stimulés par leur réflexion !
Une remarque personnelle : j’ai été admiratif devant le dynamisme des plus jeunes, les jeunes professionnels. Leur foi est vive et leurs exigences fortes. Leur témoignage m’encourage à vivre pleinement ma responsabilité d’évêque au sein de ce peuple que Dieu a choisi.

Cette belle expérience fraternelle que nous avons vécue nous a renforcés dans notre détermination à lutter contre tout acte de pédocriminalité. Ceci, ensemble, avec les fidèles laïcs, hommes et femmes, avec nos frères et soeurs de la vie consacrée. Pendant cette assemblée des évêques, j’ai senti au plus profond de moi ce soutien de la collégialité. (Mgr Guillaume de Lisle, nouvel évêque, a vécu avec nous sa première assemblée plénière. La semaine prochaine, il nous fera part de cette première expérience de la collégialité épiscopale.) Enfin, pour cette charge, ô combien délicate, il est important de pouvoir compter sur les forces nouvelles pour avancer dans la lutte contre les actes pédocriminels au sein de l’Eglise. Bienvenue à ceux et celles qui souhaitent apporter leurs compétences en ce domaine.

Pour une Eglise missionnaire
Ce qui inspire notre mobilisation comme évêques, hier comme jeunes chrétiens, c’est le même désir de nous donner au Christ. Hier, quand nous étions jeunes, comme l’ensemble des prêtres, nous avons voulu répondre à l’appel du Christ à le suivre pour annoncer l’Evangile. Participer à mettre fin à une Eglise où les abus sexuels envers les mineurs sont présents, nous ouvre à un temps où nous pouvons consacrer nos forces à témoigner du Christ et de la Bonne Nouvelle. C’est avec cette espérance que je reviens de Lourdes : témoigner avec force et délicatesse que le Christ est ressuscité, qu’Il est le sauveur d’une humanité blessée et qu’Il nous ouvre à la vraie vie.
+ Jean-Yves Nahmias