Édito : «Je ne vous laisserai pas orphelins »

Dans l’Évangile selon Jean (Jn 14, 15-21), Jésus prononce une parole étonnante : « Je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur. » Cette promesse résonne encore aujourd’hui
avec une force particulière dans un monde marqué par les guerres, les tensions internationales et la peur qui semblent se rapprocher de nous.
D’un côté, notre actualité est dominée par la violence. Les conflits se multiplient, les nations se méfient, et même lorsque nous ne sommes pas directement touchés, un climat d’inquiétude s’installe. La guerre n’est pas plus seulement géographique, elle devient intérieure : elle nourrit l’angoisse, durcit nos cœurs et pousse à la méfiance.
De l’autre côté, Jésus parle de paix au moment même où tout va basculer. Il ne promet pas la fin des conflits, ni une protection extérieure immédiate. Il annonce quelque chose de plus profond : la venue d’un Défenseur, une présence intérieure, l’Esprit Saint.
Là où le monde cherche la sécurité dans la force, Jésus propose une force dans la présence. Là où le monde répond par les armes, l’Évangile appelle à une paix enracinée dans le cœur.
Le contraste est saisissant. Le monde dit : protège-toi, méfie-toi, impose-toi. Jésus dit : demeure, aime, fais confiance. Le monde valorise la domination, Jésus révèle la fidélité. Le monde veut gagner contre l’autre, Jésus invite à ne pas perdre l’amour.

Au cœur de cette tension, une parole se détache : « Je ne vous laisserai pas orphelins. » Dans un contexte où beaucoup se sentent seuls face à l’incertitude et à la violence, cette promesse devient essentielle pour nous les chrétiens. Elle affirme que le croyant n’est jamais abandonné, même lorsque tout semble vaciller autour de lui.

Ainsi, le véritable combat n’est pas seulement extérieur, il est aussi intérieur. Il s’agit de ne pas laisser la peur, la haine ou la dureté envahir nos cœurs. Aimer devient alors un acte de résistance, pardonner une force, et chercher la paix un engagement courageux.

En définitive, l’Évangile ne nie pas la réalité des guerres, mais il propose une autre manière de les traverser. Il ne s’agit pas de fuir le monde, mais de vivre autrement en son sein. Car la vraie victoire, selon le Christ, n’est pas d’écraser l’autre, mais de rester fidèlé à l’amour, même au milieu du chaos.
Alors frères et sœurs demandons donc avec insistance à Jesus de faire de nous aussi des messagers inspirés et inspirants de son amour de Père.

Rock Maforikan, diacre
10 mai 2026
6ème dimanche de Pâques

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