L’édito : «Temps d’épreuve, temps de grâce »
Le Seigneur Jésus nous demande l’impossible : “Ne craignez pas.” Comment bannir complètement la peur que nous pouvons ressentir à un moment ou à un autre dans notre vie ? C’est – à vue humainetrop difficile. Nous en sommes incapables : il y a tant de raisons d’avoir peur, n’est-ce pas ? Un diagnostic médical qui annonce un combat douloureux et incertain contre la maladie, un licenciement qui laisse augurer d’une recherche d’emploi compliquée et des graves difficultés pécuniaires, une société de plus en plus violente dans laquelle nul n’est à l’abri du fait divers le plus sordide, un contexte international si anxiogène…Sans oublier les persécutions du temps présent dont sont victimes tant de chrétiens à travers le monde, auxquels nous penserons immanquablement en écoutant ce dimanche les paroles du Christ à ses apôtres.
Nous le savons bien : un certificat de baptême n’est pas une police d’assurance contre le mal et les pires aléas de la vie. Certains d’entre vous qui cheminent au fond d’un ravin vertigineux se reconnaîtront dans cette prière du psalmiste : “Et moi, je te prie, Seigneur : c’est l’heure de ta grâce ; dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi, par ta vérité sauve-moi.”
Le temps de l’épreuve est aussi le temps de Dieu, le temps de la grâce : il nous faut “embrasser la Croix” pour être vivifiés, fortifiés, transfigurés et avoir la force de la porter.
Pour nous affranchir de la peur et de ses effets délétères sur le corps et l’esprit, il n’y a que la grâce donnée par le Seigneur. Le temps de l’épreuve est aussi celui du témoignage qui donne une forme visible de la foi que nous avons en Celui qui nous invite à nous déclarer pour Lui devant les hommes. Nous ne serons peut-être pas des martyrs de la foi, mais nous pouvons être – dans la maladie, la précarité, l’injustice- les témoins d’une confiance invincible dans la présence du Christ au cœur de nos détresses. Et par les effets de Sa grâce le rendre visible à tous grâce à tout ce qu’elle suscite en nous : le courage, l’espérance, la dignité et parfois même…l’humour !
Je me souviens d’un jeune père de famille dont non seulement l’enfant avait un cancer avec un très mauvais pronostic mais dont le père était en train de mourir à l’hôpital. Lorsqu’il rencontrait des gens qui le plaignaient, il leur disait : “Cela peut toujours être pire. Ce soir, je pourrais, en plus, me brûler avec ma friteuse en préparant le dîner ! ”. Il était tout simplement sous l’effet de la grâce du Seigneur.
A l’heure du combat, recherchons cette grâce toute puissante qui libère et qui nous grandit. Une grâce à la mesure de nos épreuves, accessible à tous car elle est “répandue en abondance sur la multitude » et » donnée en un seul homme, Jésus Christ. »
David Nogueira, diacre
21 juin 2026
12 ème dimanche du T.O

